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   Voyage à Aïn- Makhlouf  

 

 

Si vous voulez voir d'autres photos de notre voyage en Algérie et lire le récit de ce voyage  

cliquez ici: Voyage en Algérie  

 

   

 1) Visite à Aïn-Makhlouf 

C'est le 22 avril  2006 que nous sommes allés à Aïn-Makhlouf . Après Oued-Zénati , première indication , enfin le panneau d'Aïn-Makhlouf ! L'émotion commence!

 

    Cliquez  sur les photos pour les agrandir    

 
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  Nous sommes passés par le Djebel Ancel et comme autrefois au détour d'un virage nous avons aperçu les arbres de la ferme Marcel et le village depuis le communal . Que de changements!
 
 

      Notre car s'est garé en face de la gendarmerie , à la place de l'ancien petit puits qui était là en décoration. C'est Raymonde , la plus ancienne de Renier qui est descendue la première. Nono l'a suivie, puis Pierre et Joseph et enfin moi. Nous avions l'impression de rêver! 

    Nous avons commencé notre tour de village à pied , depuis la gendarmerie . Le château d'eau est toujours là !

 

    La rue d'en haut n'a guère changé ...Il y a seulement plus de voitures.
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          L'ancienne maison de Aimé Regourd. Personne ne semble y habiter. Une maison est en construction juste avant.          L'ancienne maison de Robert et Henriette Molliex. Georges l'a longuement regardée.           L'ancienne maison Regourd vue sous un autre angle.        L'ancienne maison Payan. La maison de mes meilleurs souvenirs d'enfance.       La terrasse que tout le village a connue
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        Sur la terrasse avec Hafsia Mazouni qui habite seule dans la maison.        L'ancienne maison de Mlle Augustine, il y a toujours l'impasse qui la séparait de la mienne!         Il ne reste plus rien de la maison Roux, pas même la célèbre table en pierre. Une nouvelle maison est sans doute prévue.         L'ancienne maison de Jean-Marie Versini. Le banc sur lequel je m'asseyais à côté de Mme Jean Marie pour discuter, n'y est plus.          L'ancienne poste et l'appartement de M. et Mme Boisgibault. On dirait que tout a été repeint récemment .
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        L'ancienne maison de Marius Baudet          Encore l'ancienne maison de Marius Baudet        L'école qui doit devenir un restaurant scolaire           L'ancienne mairie est devenue une banque        L'ancienne maison de Marcelin Baudet
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     Vue du jardin de l'église depuis la rue d'en haut      L'ancienne maison de Nono         Ancienne maison de Raymonde avec la ruelle qui monte sur la droite.      La rue qui descend face à l'ancienne maison de Raymonde     L'ancienne rue d'en haut qui part en direction de la mosquée
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       Ancienne maison de Monsieur Bugny            Ancienne maison Mille     Ancienne maison de M et Mme Petit       Ancienne maison Merlet ?      Première rencontre:Ali, il travaillait au café Sciberras et nous a rappelé beaucoup de souvenirs comme nos parties de volley-ball auxquelles il participait!
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       Abdelkrim Benakhla et son fils, il habitait en face de chez moi. Il a maintenant une grande famille: 9 enfants, 5 petits enfants.         Youssef Hamidani , il tient une épicerie en face de la mosquée et a tenu à offrir un rafraîchissement à tout notre groupeau café maure voisin. Il était en classe avec Hervé Saint Pierre.       Abdelhamid Tabaa, lui aussi était en classe avec Hervé et garde beaucoup de souvenirs de la jeunesse d'autrefois      L'épicerie  de l'angle est toujours là, aujourd'hui salon de coiffure pour hommes     La petite rue qui descend après l'épicerie, nous n'avons pas eu le temps de voir si les commerces d'autrefois y étaient toujours.
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    La mosquée, toujours à la même place, les cigognes font leur nid en haut de minaret comme autrefois en haut du clocher de l'église.     La nouvelle poste         Une nouvelle rue qui traverse l'ancienne place du marché et qui est parallèle à celle des commerçants qui existait, nous avons déjeuné chez le marchand de brochettes situé au n°31     Nous avons reçu un accueil très chaleureux et nous étions beaucoup entourés. A droite de la mosquée se trouve le bâtiment de la Police municipale.        Notre repas: des brochettes aussi bonnes qu'avant dans un local tout neuf. Nous nous sommes régalés!
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      Joseph, Marc et Mireille     Ali et Georges      Ancienne route d'Aïn Trab, le village s'est beaucoup développé de ce côté mais nous n'avons hélas, pas eu le temps d'aller visiter.     Rue passant devant l'ancienne maison d'Horace Resin      Nouvelle rue conduisant à la place du marché qui a été déplacée en arrière de l'ancienne. On aperçoit un nouvel immeuble.
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Latra Mazouni qui était à l'école avec moi chez Mme Gaillard. Quelle joie de la revoir. Elle est secrétaire à l'infirmerie. L'ancienne maison Resin, la tonnelle a disparu pour laisser place à un café et une pâtisserie  La pâtisserie vue de près avec les zlabias que nous avons dégustées La zlabia est pour le photographe. La nouvelle génération.
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L'ancienne rue d'en bas avec l'infirmerie au bout. Le mozabite qui vendait les tissus n'y est plus! La petite rue qui descend vers l'ancienne maison de M. Lucien Davrieux. La maison du Cheikh. L'ancienne maison Petitgirard
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L'ancienne épicerie Molliex, elle ne fonctionne plus. Ali notre chauffeur de car est juste à droite. L'ancienne maison de M. Louis Davrieux avec un commerce au dessous. L'ancienne maison de M. et Mme. Allouche L'ancienne maison Merlet L'ancien café Sciberras qui n'est plus un café mais un cabinet vétérinaire
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La rue du milieu vers la mairie Un nouvel immeuble juste en face de l'ancienne école avec un café au coin. La nouvelle mairie. Le monument qui a remplacé l'église. L'ancien presbytère
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L'ancienne maison Tavera L'ancienne maison Denis L'ancienne coopérative L'ancienne maison de Camille Molliex qui n'est plus habitée L'ancien foyer rural aujourd'hui transformé en bureaux administratifs (caisse de sécurité sociale)
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L'ancienne maison de M. et Mme Pra Un immeuble s'est construit sur l'ancienne maison de Milou Payan L'ancienne maison de Georget Petitgirard L'ancienne maison de Louis et Chouchou et l'ancienne maison Molliex L'ancienne maison Telésia où logeait Suzanne
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La rue qui descend juste après l'ancienne maison Molliex L'infirmerie est toujours là. La rue qui descend vers le moulin L'extension du village en face de l'infirmerie, il y a un collège et un lycée que nous n'avons pas eu le temps, hélas, d'aller voir. Mr  Moussa Talhi, un ancien du village qui s'est déplacé pour venir nous voir (décédé en 2010)
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Mr  Bentalha Slimane (décédé en 2013) en grande conversation avec Raymonde Mr Haroual Salah, une autre connaissance de Raymonde Nono, Mrs Elhadi Mazouni et Tayeb Zaoui. Smaïn, fils de Mr  Labidi  le boulanger . Il n'a pas changé !Il tient le café maure où nous avons pris un rafraîchissement. Nadjia et Latra mes deux copines d'école. Nadjia est institutrice et habite dans l'ancienne école.
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Mr El Bahi Ferrag,un ancien qui se souvenait bien de la famille Saint Pierre. Pierre et Nono se sont régalés comme nous tous avec les beignets de madame Taba Abdelhamid La rue qui a vu nos descentes en patins à roulettes ou sur les carrioles à roulements à bille et de fait nos chutes les plus spectaculaires ! Dans le fond, on peut voir les monts de Bir Menten  et les nouvelles constructions

La nouvelle cité Messiad Mohamed Tahar s'est construite vers le cimetière français dont il ne reste que les arbres que l'on aperçoit dans le fond. C'est dans ce quartier qu'il y a le collège Ben Smaïn .

Les nouvelles constructions sur l'ancien terrain communal

 

 
 
 
 
2) Récit et photos du fabuleux voyage  en Algérie entre le 19 et le 26 avril 2006 ! par Sabine
 
 
 

           Ce voyage de retour sur la terre natale, je savais que je le ferais un jour tout comme je savais  que je ne mourrais pas sans l’avoir fait . C’était pour moi une nécessité presque un acte de survie. Cependant les années passaient sans que l’occasion se soit présentée jusqu’à ce jour de l’année 2004 où  en parcourant le journal de l’association « Guelma89 » je lus une annonce de l’agence « Galaxie voyages » de Constantine qui proposait ses services pour préparer des voyages de retour en Algérie en s’appuyant sur une lettre du ministre du tourisme algérien incitant toutes les agences de voyage à  faire cette ouverture. Je notai les coordonnées de l’agence sans pour autant faire le pas . Il me fallut deux ans de préparation inconsciente pour qu’un beau matin de novembre 2005 je me décide à écrire à Galaxie voyages  pour demander s’il était possible de préparer un voyage dans le constantinois , voyage qui comporterait un passage dans tous les lieux de ma jeunesse . Ce n’est qu’un bon mois après, en décembre, que je reçus un coup de téléphone du directeur de l’agence ,Mr Zadi , me disant que c’était possible.  Ce fut vraiment comme un cadeau de noël !

          Je proposai alors à tous les renéens de faire ce pèlerinage avec moi car Rénier était indissociable dans ma mémoire de tous ses habitants et je ne concevais pas d’y retourner seule . La préparation de ce voyage ne fut pas facile . Heureusement, l’agence galaxie avait internet  ce qui me permit d’échanger plus facilement avec Mr Zadi  mais les formalités administratives furent longues malgré l’aide apportée par Fathia , la responsable commerciale d’Air Algérie. Il y eut jusqu’à 28 inscriptions qui se réduisirent à 15 après l’épisode des caricatures de Mahomet mettant pour certains la sécurité de ce voyage en doute. Mr Zadi, contacté, m’affirma qu’il n’y avait aucune crainte à avoir car nous serions escortés dans tous nos déplacements . Ce détail renforça les craintes au lieu de les lever…

          Enfin après maintes péripéties le voyage fut arrêté du 19 au 26 avril 2006, en pleine période de vacances de Pâques car mon fils , à ma grande surprise mais aussi pour mon plus grand plaisir , exprima le souhait de participer à ce retour aux racines qui étaient également les siennes. Finalement cette période qui en gêna certains permit à Nono de venir accompagnée de ses deux enfants et de son petit-fils ! nous partîmes à 15 . Raymonde, Nono , Jacqueline et Jean-Pierre,  ses enfants, son gendre Christian et Julien son petit-fils, Georges et ses oncles Pierre et René,joseph , Marc ,ancien enseignant de Renier et son épouse Mireille, et nous trois, mon mari Paul et Arnold mon fils.

           Je livre maintenant les notes prises au cours de ce voyage car chaque soir j’écrivais , pour ne rien oublier, tout ce qui s’était passé dans la journée .

 

Mercredi 19 avril 2006-: le départ...

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Photo de départ, nous sommes encore à Marseille avec Fathia , la responsable commerciale de l’agence d’AIR ALGERIE qui a tout fait pour  faciliter les formalités et démarches pour notre départ … je la remercie vivement au passage Quelle émotion quand nous apercevons après une heure de vol les côtes de l’Algérie ! Je crois rêver ! A Constantine, nous sommes logés à l’hôtel Cirta , toujours aussi beau ! Et la cuisine , délicieuse , copieuse et dangereuse pour notre ligne mais tant pis !

          Le grand jour est arrivé !   A Marignane, Fathia d’Air Algérie, toujours aussi élégante et sympathique, est déjà là. Elle me remet billets et passeports sauf ceux de Jean-Pierre qu’elle a déjà rencontré . J’aperçois Raymonde assise dans un coin . Elle vient de Lyon . Cela fait quelques jours qu’elle a quitté l’Argentine et est descendue à son arrivée chez Eliane , sa sœur qui habite  à Villeurbanne.Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les difficultés qu’elle a dû surmonter pour obtenir son visa dans les temps à Buenos Aires . J’ai vraiment cru un moment qu’elle ne pourrait pas venir !

        Bientôt Nono arrive avec son gendre , ses enfants et son petit-fils , suivie par Marc et son épouse Mireille, puis par Georges et enfin par Pierre et Joseph sans René qui a pris un malaise cardiaque hier et a dû renoncer au voyage .Mauvaise nouvelle ! Nous attendons une bonne heure après l’enregistrement en faisant connaissance avec ceux que nous ne connaissions pas  et en échangeant  les nouvelles.

        Bientôt c’est l’embarquement . Dans l’avion, je me mets près d’un hublot pour mieux voir, à l’arrivée. On nous sert un repas simple mais bien composé et nous avons à peine terminé que déjà l’avion amorce la descente.

         Oh ! quelle émotion en apercevant les côtes d’Algérie, bien découpées, la mer magnifiquement bleue et les rares petits villages en bordure de mer. Je ne sais pas qui ils sont mais je ne peux retenir mes larmes et bientôt je pleure pour de bon . Je ne sais pas si c’est de joie ou de tristesse, un mélange des deux peut-être, mais je ne peux pas m’arrêter.

          Puis c’est le survol des terres, belles, des montagnes bien vertes. Je ne connaissais pas cette Algérie vue du ciel. Seulement cette dernière image à jamais gravée dans ma mémoire , image du Cap de garde  que j’ai survolé  en quittant l’Algérie  depuis Bône le 26 janvier 1962.  Le Cap où je m’étais si souvent baignée !  Maintenant, je vois tout le pays, magnifique, majestueux, immense. J’aperçois bientôt distinctement  des terres cultivées, des champs bien dessinés . du blé sans doute. Et puis c’est l’arrivée à Aïn- Elbey, aéroport de Constantine . A la descente de l’avion, je touche le sol de la main, je sens mes racines frémir et je reconnais cet air différent de celui de la France. Je suis bien…Mais les formalités sont  compliquées. On m’isole en tant que chef de groupe et on cherche à comprendre ce que l’on vient faire, ce que l’on va faire et surtout on voudrait me prendre le tableau que j’avais préparé pour Mr Zadi à sa demande récapitulant les noms de toutes les personnes avec mention des adresses, des nationalités, des N° des passeports …J’explique que je dois remettre ce tableau à Mr Zadi  pour les services de sécurité. On va donc chercher Mr Zadi . Celui-ci  est comme je l’avais imaginé à travers nos échanges téléphoniques et nos mails. Très sympathique, en costume cravate, parlant un français impeccable et efficace. Il facilite notre passage à la douane et fait alléger toutes les formalités bien que  nous n’en finissions pas de remplir des formulaires pour la sécurité ! Enfin, nous partons,escortés par une voiture de police, pour nous rendre à l’hôtel Cirta à Constantine où nous séjournerons plusieurs jours. Nos chambres sont très belles et comportent toutes la télévision. L’hôtel autrefois français a été entièrement rénové et meublé en style mauresque. Les salles de bain sont très grandes  et des mosaïques de partout  éclairent  les couloirs et les salles communes. . L’ensemble est très réussi ! 

        Nous repartons très vite, dans un minibus d’une vingtaine de places pour visiter la  ville. Nous passons voir tous les ponts, Sidi m’cid , la passerelle Pérégaud, le pont Sidi Rached puis la Médersa et les gorges du Rhumel. La promenade à flanc de falaise est en mauvais état et donc interdite à toute circulation. Des dizaines d’oiseaux tournoient dans les gorges au-dessous de nous . Le site est impressionnant, magnifique, sauvage et toutes ces maisons suspendues autour des gorges lui donnent un cachet unique. Monsieur Zadi précise que le site vient d'être classé par l'UNESCO au patrimoine universel et que d'importants travaux de rénovation commenceront en 2007.Beaucoup d’immeubles ont été construits, des logements sociaux  nous dit Mr Zadi, mais à côté, je relève de nombreuses constructions en cours, à deux ou trois étages et de style mauresque. C’est beau. Nous allons ensuite au monument aux morts, perché tout en haut sur son rocher. Il n’est pas entretenu mais les noms des morts pour la France, français, arabes, juifs sont toujours là. Plusieurs couples d’amoureux sont assis ici et là. La vue est magnifique. Nous regardons longuement  la table d’orientation en discutant avec de jeunes algériens venus nous souhaiter la bienvenue puis , nous repartons de nouveau, pour aller voir le théâtre et l’ancien cinéma Royal . Que de monde dans les rues, surtout des jeunes hommes ! Marc connaît bien la langue arabe et parle avec tout le monde. Nous sommes obligés d’aller le chercher car au moment de partir, il est toujours au milieu d’un groupe d’algériens en train de discuter. Des femmes policiers font la circulation, il n’y a pas de feux tricolores . Les filles ne sont pas voilées comme autrefois mais habillées à la mode européenne avec le foulard sur la tête. Dans la rue, on nous salue et on nous souhaite la bienvenue.

         Retour à l’hôtel à 18h pour un peu de repos avant le repas qui sera servi à 19H30. Certains d’entre nous pensent ressortir. Moi, je préfère écrire et mettre sur papier pour ne rien oublier tout ce vécu riche d’émotions et encore incroyable. Une déception cependant, nous ne pourrons certainement pas visiter le collège et le lycée car les autorisations n’ont pas été données.

         Enfin repas du soir.  Super chorba avec galette, viande très tendre accompagnée de  chou- fleur, fenouil et frites puis fruits.. Nous nous régalons et bien sûr, nous parlons du temps passé. Somme toute une excellente soirée.

 

 

 

Jeudi 20 avril 2006:  visite de Constantine

 

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Constantine: Le pont suspendu bien sûr, magnifique , immuable ,donnant une fausse  impression de fragilité …Nous passerons et repasserons dessus, dessous , à côté,  plusieurs fois … Constantine: Le superbe pont Sidi Rached entoure toujours la ville mais les nouvelles constructions débordent de partout ! La ville compte maintenant un million d’habitants. C’est l’exode rural qui a provoqué cet afflux de population. Les constantinois sont heureux de nous voir et nous souhaitent la bienvenue en nous croisant …certains s’arrêtent pour nous parler et nous questionner. Accueil très sympathique. Nous visiterons la nouvelle mosquée qui est un chef d’œuvre architectural  , nous nous promènerons sur la corniche toujours aussi impressionnante de beauté sauvage avec le Rummel à ses pieds et nous irons au monument aux morts , un peu abandonné  mais offrant un panorama unique et vertigineux.   A Constantine j’ai revu mon collège , Nono également …et je l’ai trouvé plus beau qu’autrefois avec ses mosaïques bleues , ses fleurs partout et son dallage en céramique 

         A 8h30 , nous prenons un petit déjeuner copieux  et très sympathique  à l’hôtel puis à 9h30  Mr Zadi arrive pour le programme de la journée. Auparavant , il nous emmène dans une banque pour changer de l’argent à un taux un peu plus intéressant  qu’à l’hôtel puis nous montons dans notre mini car pour nous rendre au lycée technique de Marc. Nous commençons à bien nous repérer grâce aux ponts que nous avons visités hier après-midi.La circulation est dense et un peu anarchique. Arrivés devant le lycée seuls Marc , Mireille et Mr Zadi se rendent dans l’établissement. Nous attendons dans le car en espérant que le proviseur acceptera de les recevoir car l’autorisation n’a pas été donnée officiellement.. Pendant leur absence , nous prenons des photos et nous discutons avec les élèves qui sont  aux fenêtres d’une classe de permanence. Marc revient un peu déçu car il n’a pu visiter le lycée autant qu’il l’aurait voulu mais il a pu voir la salle d’atelier. Nous poursuivons en  tournant et retournant dans la ville en passant  dans les rues que nous avons connues autrefois , la rue Saint-Jean entre autres. Puis nous passons à l’agence Galaxie où nous sommes reçus par les employées de Mr Zadi. Nous connaissons déjà Kamel qui accompagne Mr Zadi dans tous nos déplacements. Mr Zadi est très sympathique . Il me dit avoir 71ans .Après avoir travaillé 35ans à Air France dont il était le responsable à Constantine, il a pris sa retraite et comme l’inactivité lui pesait, il a pris la direction de cette agence de voyage qui semble bien fonctionner. Quelle émotion en arrivant devant la porte de mon collège!  Arnold, Paul et Julien viennent avec moi. Mr Zadi sonne, un monsieur vient nous ouvrir et là…Je reconnais l’escalier ! Quelle joie , quelle émotion indescriptible !  Nous montons. Un surveillant nous reçoit très aimablement et dit qu’il va chercher le censeur. Pendant ce temps, je regarde. Tout a  été rénové et embelli . Une verrière a été installée dans la continuité des escaliers, des mosaïques bleues entourent toute la cour, des fleurs ont été mises partout et un bassin installé au milieu de la cour. Les portes des toilettes sont peintes d’un beau bleu. Le réfectoire est toujours à sa place, le bureau du proviseur également de même que son secrétariat mais à la place de la salle des surveillantes il y a l’intendance qui , autrefois, était à l’étage et à la place de la conciergerie il y a une belle salle des professeurs. Bientôt le proviseur arrive, pas très content car l’autorisation de visiter avait été refusée. Je lui demande s’il y a une bibliothèque dans le collège et sur sa réponse affirmative, je lui remets le livre de Yann Arthus Bertrand sur l’Algérie vue du ciel , livre qui vient d’être édité et qui est introuvable ici.  Il se radoucit et me dit que je peux prendre des photos. Nono arrive avec le reste de la troupe car, elle aussi,  a été scolarisée dans cet établissement. Paul et Arnold prennent beaucoup de photos. Le censeur m’explique qu’il y a actuellement trois réfectoires . Un en bas comme autrefois et deux autres au-dessus, à l’étage. Les  dortoirs ont été transformés en salles de classe. Le proviseur habite toujours dans l’appartement  qui était celui de notre directrice et lui-même occupe tout en haut l’ancien appartement  de Melle Schoeffner, notre surveillante générale. Franchement , c’est beau . Même la cour a été carrelée alors que de notre temps elle était cimentée. Tout est embelli !

         Nous parlons un moment avec le censeur qui nous dit que le collège n’accueille que des filles contrairement aux autres établissements puis nous repartons après avoir pris une dernière photo dans l’escalier et devant la porte du gymnase de l’autre côté de la rue où nous allions faire le sport. Nous nous rendons ensuite sur le coudiat. Rien n’a changé. J’aperçois le lycée Laveran …Nous nous approchons pour prendre des photos mais là des policiers nous arrêtent et nous disent que nous avons le droit de regarder mais pas de photographier à cause du bâtiment officiel qui est à côté et qui est celui des télécoms. Nous repartons…Je suis euphorique, je n’y crois pas. Je viens de revoir mon collège ! Jamais dans mes rêves les plus optimistes , je n’aurais cru pouvoir avoir cette joie et ce privilège. Je suis littéralement aux anges !

        Nous allons ensuite déjeuner dans un restaurant typique qui fait de la cuisine familiale, le restaurant Bouba. On nous sert un repas de fête , menu rare réservé aux cérémonies comme les mariages et seulement dans les familles riches. Salade composée constantinoise, chorba, tagine de viande et tagine sucré. C’est excellent ! Le tout est servi avec deux sortes de galette . Nous nous régalons…

        Après le repas, nous nous rendons à la mosquée Abdel Kader. Elle est grandiose et absolument magnifique. Nous sommes reçus par le président du comité de direction de la mosquée qui nous explique toutes les subtilités de cette construction de style double, oriental et maghrébin. Quelle magnificence ! Nous passons, tête couverte, dans l’immense salle de prière puis dans la salle réservée aux femmes et aux étudiants de l’institut islamiste qui jouxte la construction. A la fin, on nous donne à chacun une cassette et nous aurons ainsi le privilège , en rentrant en France , de revoir en détails la mosquée. Dans cette ambiance feutrée et sereine, j’ai eu envie de prier pour la paix entre les peuples de toutes confessions. Après tout le Dieu qui est invoqué ici est le même que le nôtre. C’est ce que je dirai à notre hôte à la fin de la visite en le remerciant de son accueil . Il me répondra qu’il est permis aux musulmans de rentrer dans une église pour prier. Nous visitons ensuite les jardins devant la mosquée puis nous nous rendons au musée à une exposition sur la ville de Constantine. Exposition très intéressante qui parle du passé comme du présent de Constantine . Là , je rencontre une dame algérienne qui préside une association pour femmes en détresse. En parlant avec elle , j’apprends qu’elle connaît très bien Farida G. qui était autrefois au collège dans ma classe. Elle me promet de lui remettre une carte de visite que je lui confie. Quel hasard ! Farida s’occupe d’une association pour les enfants malades. Peut-être viendra-t-elle me voir à l’hôtel Cirta avant notre départ? Nous passons ensuite dans une pièce voisine où s’entraîne un groupe de musiciens de musique andalouse. Ces voix d’hommes sont magnifiques ! Le président de l’association est brillant dans les explications qu’il nous donne sur ce genre de musique et plein d’humour.Nous apprenons qu'il est le beau-père de Kamel . Franchement, nous serions bien restés encore à écouter cette musique très émouvante. Des chants d’amour nous dira Mr Zadi. Nous reprenons le car pour aller sur la corniche. Le pont suspendu sous lequel nous passons , la passerelle Péregaud que nous voyons d’en bas avec le Rhumel qui coule en cascade . C’est magnifique !

          Nous terminons la journée par une promenade en ville avec Mr Zadi pour faire les magasins dans les rue Rohault de Fleury et  Saint –Jean . J’achète une théière, des cartes postales puis des livres sur l’Algérie dans une librairie spécialisée . La foule grouille ; à plusieurs reprises des gens de tous les âges que nous croisons nous souhaitent la bienvenue et s’arrêtent pour converser avec nous…Je ne peux décrire notre enthousiasme. Raymonde répète sans arrêt que c’est formidable, Pierre Sciberras nous raconte des tas d’anecdotes corrigées ou complétées  parfois par Raymonde ou Nono, Marc nous montre certains endroits remarquables car il connaît parfaitement Constantine . Enfin, tout se passe merveilleusement bien . A la librairie, je parle avec le journaliste qui couvre l’évènement de notre voyage.Il me dit que nous sommes de plus en plus nombreux , les pieds-noirs, à venir revoir la terre natale.

         A 19h30 nous rentrons à l’hôtel, un peu fatigués mais enchantés de notre journée.

         A 20h , repas dans une salle annexe car le restaurant est complet en raison d’un congrés. Nous passons encore un bon moment avec les discours du barman qui nous sert ce soir et nous renseigne avec une verve remarquable et dans un français impeccable sur les coutumes du pays . Nous montons nous coucher sans trop nous faire prier car demain il faut se lever tôt. Départ 8h précises. Mais avant de s’endormir il faut subir le bruit de la chambre voisine et le va et vient entre l’étage et le rez de chaussée car il y a une fête en bas qui dure assez longtemps. C’est le début du WE ici ! Nous avions perdu l’habitude.

 

 

 

Vendredi 21 avril 2006 : Guelma, Hammam Meskoutine

 

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Ensuite Guelma , ville que j’ai personnellement peu connue mais que j’ai trouvée agréable en traversant son square et en flânant sur sa place , très animée le jour de notre visite car c’était un vendredi , jour de prière et donc férié. A Hammam Meskoutine , nous avons retrouvé la magnifique cascade fumant de toutes ses concrétions …Nous avons même pris un bain au hammam  et déjeuné à la terrasse d’un restaurant car il faisait très beau ce jour-là.

           Après le petit déjeuner , toujours aussi copieux, nous partons pour Guelma avec une escorte composée d’une voiture de gendarmerie devant et une autre derrière notre mini car. Cela fait une drôle d’impression ces sirènes qui se déclenchent au moindre obstacle pour forcer le passage en attirant tous les regards. Nous prenons une voie rapide à sens unique et très vite nous passons sans les traverser les villages tant connus …Le  Kroub, Aïn-Abid pour nous arrêter à Aïn-Régada devant la gendarmerie afin de changer d’escorte car nous entrons dans une nouvelle  Wilaya., celle de Guelma . Tout le long du chemin et de chaque côté de la route, d’immenses champs de blé vert se déroulent à perte de vue, parsemés de quelques plaques de coquelicots. Tout est vert et bien tenu. Beaucoup d’arbres ont été plantés surtout des amandiers. On n’a pas l’impression de sécheresse, bien au contraire . Je retrouve dans les champs labourés , la terre noire, luisante de mon enfance que j’aimais tant à regarder et à sentir.A Aïn Regada,  autour de la gendarmerie , nous retrouvons toute la flore oubliée, les chardons, les asphodèles, la bourrache…Partout des constructions en cours, de petits immeubles bien jolis dont le rez de chaussée et le premier étage sont souvent habités alors que les autres étages restent en projet. On ne voit plus de gourbis ni de mechta…

         Nous reprenons la route toujours escortés et bientôt, nous passons prés de Oued Zénati , puis nous apercevons l’embranchement d’Aïn-Makhlouf , 14km. Mon cœur fait un bond de joie, ce sera pour demain. Nous poursuivons vers Guelma. Sur le bord de la route , des hommes vendent des fèves vertes et des rhochof . …Pierre et Raymonde se disputent comme toujours à propos du vocabulaire ou du nom de certaines plantes. En passant au-dessus de Oued-Zénati, je ne reconnais rien. Une nouvelle mosquée semble avoir été construite mais je n’ai pas l’impression que le village se soit beaucoup étendu.

         Bientôt nous entrons dans  Guelma avec sirènes et voitures de police . La population nous regarde avec une réserve qui nous glace au début. C’est le vendredi , jour de prière pour les musulmans. Le muezzin chante  les versets du coran que des hauts- parleurs retransmettent du haut du minaret et la foule est dense sur la place juste en face de la mosquée où nous nous arrêtons. Là , les gens commencent à nous saluer et à nous parler. Un homme s’avance vers nous et propose de nous guider. C’est Hassen qui travaillait autrefois dans le café de Lucien Lacombe. Ce Lucien Lacombe dont j’ai souvent entendu parler, exerçait également le métier d’électricien et c’est lui, nous dit Raymonde , qui a installé l’électricité à Renier en 1929. Nous photographions la poste, la place devant la mosquée, le square, le marché couvert enfin tous les endroits que Jacky Italiana m’avait indiqués car je ne connais pas Guelma . J’y suis allée deux fois, quand j’étais petite, à l’occasion du divorce de mes parents qui a été prononcé au palais de justice de cette ville . Je n’ai donc pas gardé un souvenir particulièrement heureux de ces lieux sinon celui d’une chaleur écrasante bien plus forte qu’à Renier. Les gendarmes ne nous lâchent pas d’une semelle et nous encadrent dans cette foule presque essentiellement masculine de plus en plus dense, ce qui ne nous empêche pas de parler avec les anciens attablés sur la place et  en train de boire un café. Ils veulent savoir d’où nous venons et nous prennent d’abord pour des anciens de Guelma. Nous leur expliquons les motifs de notre présence ici et l’accueil se fait de plus en plus chaleureux.

           Nous nous dirigeons ensuite à pied vers le théâtre romain , fermé en ce jour férié, mais les gendarmes font ouvrir les portes en notre honneur. Le gardien , un peu affolé, nous interdit de prendre des photos d’objets puis il récite en arabe toute l’histoire de ce théâtre au cours des âges comme il doit le faire habituellement en tant que guide. Je ne comprends qu’une infime partie de son discours mais je goûte la bizarrerie du moment. Soudain, Paul découvre , abandonnée dans un coin, la plaque de l’ancien monument aux morts de Guelma et , brisée en plusieurs morceaux , celle portant les noms des hommes morts pour la patrie. Il y a également quatre cloches qui devaient être celles de l’église. Paul prend tout de même quelques photos de manière à les montrer aux guelmois au prochain regroupement de mai. Je suis très émue par cette découverte et je repense à la plaque de Renier qui a été rapatriée puis retrouvée par un concours de circonstances inouï. Nous prenons également une photo du groupe , car celles-ci sont autorisées, tout en haut sur les gradins du théâtre. Ce théâtre est magnifique, d’une grande richesse historique et heureusement, remarquablement entretenu. Le gardien habite sur les lieux et entretient jardins et pierres. 

          La visite est interrompue par l’arrivée d’une guelmoise algérienne qui,  alors qu’elle faisait un voyage à Paris, m’avait téléphoné il y a deux ans pour savoir comment se procurer un livre sur l’histoire de sa région. J’avais discuté avec elle pendant un moment et elle m’avait incitée à revenir en Algérie où disait-elle nous serions bien reçus . Sans le savoir elle m’avait alors ouvert  une porte et notre conversation a pesé dans ma décision d’organiser un retour aux sources. Lorsque j’ai su que nous passerions  à Guelma je me suis procuré ce livre avec l’intention de le lui remettre en mains propres .Mr Zadi , informé, lui avait  annoncé notre passage et c’est avec un plaisir non dissimulé que je lui remets , aujourd’hui , ce document . Elle est très émue et me parle de son impossibilité de revenir en France actuellement en raison de l’état de santé de son père dont elle s’occupe continuellement. Elle est la petite fille d’un grand  cadi et Mr Zadi a épousé une de ses cousines. Quelle coïncidence !

          Nous quittons bientôt Guelma pour Héliopolis où nous voulons photographier la piscine romaine, autrefois appelée « fontaine chaude ». J’ai trouvé Guelma très propre par rapport à certains quartiers de Constantine . Les immeubles sont bien entretenus, les rues sont nettes, les jardins fleuris …Une petite ville pimpante. La piscine romaine ne fonctionne plus pour une raison de sécurité mais elle est surveillée nuit et jour par un gardien installé sur place. Des joncs ont envahi le bassin. Je trouve que c'est encore une belle installation  et il est dommage qu’elle ne serve plus !

         Nous nous dirigeons ensuite vers Hammam Meskoutine pour déjeuner puis visiter les lieux. Un repas très sympathique nous est servi, dehors, sous une tonnelle. Encore un excellent repas ! Salade orientale, beignets de poisson, côtelettes grillées présentées avec des légumes variés, fruits et yaourts. J’engage la conversation avec des clients du restaurant qui me souhaitent la bienvenue et me disent de revenir souvent mais sans escorte. Nous aimerions bien  mais c’est une obligation, expliquera Mr Zadi car l’état d’urgence qui avait été décidé pendant la période des attentats n’est pas levé. Quoi qu’il en soit ,cette entrée dans les villes avec le bruit des sirènes n’est pas très agréable ! Nous nous promenons ensuite vers la cascade d’eau chaude . Quelle magnificence ! Ces roches fumantes sont extraordinaires  de beauté . Il y a énormément de monde aujourd’hui  car c’est jour de congé et les familles sont venues pique-niquer sur les pelouses alentour. Je trempe mes pieds dans cette eau chaude de même que Mireille et Jacqueline. Cette dernière nous fera beaucoup rire en déclarant à la sortie que maintenant nous n’avons plus les pieds noirs ! Les gens sont sympathiques autour de nous mais bientôt il nous faut repartir pour aller visiter la grotte Osman. C’est un gouffre dans lequel  nous descendons pour admirer une pièce d’eau qui s’écoule pour, paraît-il, resurgir à Skikda , 250km plus loin . Des jeunes jouent du bendir et des filles font les youyous. En sortant, nous écoutons leur chant et regardons danser les femmes sur cette musique. Moment très sympathique. Nous repartons à regret pour, cette fois, aller prendre un bain au hammam. Nous sommes ensemble , Mireille,jacqueline et moi …L’eau est très chaude et nous ne nous attardons pas trop car nous commençons à étouffer. C’est la première fois que je prends un bain pareil. Paul n’a pas voulu prendre un bain comme d’autres d’ailleurs . Il est resté dans le car pour tenter de faire une petite sieste réparatrice en compagnie de Mr Zadi. En attendant que tous les baigneurs reviennent nous discutons avec les gendarmes de l’escorte. Un d’entre eux connaît bien Aïn-Makhlouf . Il nous dit qu’il fait très chaud là-bas. Les gendarmes sont tous nés après l’indépendance . Ils comprennent mieux le français qu’ils ne le parlent !

        Sur le chemin de retour, nous revoyons l’embranchement de Renier . Les champs sont magnifiques . Les troupeaux de moutons et de chèvres sont là, un peu partout, avec un  petit berger comme autrefois. Cela n’a pas changé !

         A 18h20, nous sommes à l’hôtel. Une petite pause, et nous repartons pour voir la rue Caraman et tenter de retrouver le café Miral où nous descendions lorsque nous arrivions à Constantine. Tout est fermé car c’est vendredi  mais ,à la place de Miral ,il y a un magasin de textiles. Les rues dans ce quartier sont un peu sales. Nous passons par la place de la brèche puis sur la grande place voisine pour admirer le coucher de soleil avant de rentrer à l’hôtel.

          A 19h45, nous dînons dans la grande salle à manger. Salade, chorba, brochettes et ananas. C’est très bon mais je n’en peux plus de manger et, quand je ne finis pas mon assiette , le garçon me demande pourquoi. Mais comment faire ? Il est évident que l’on s’ingénie à nous faire plaisir . Une grande discussion  s’engage entre nous pour tenter de pointer ce qui nous a paru négatif ou positif dans tout ce que nous avons vu jusqu'à présent. C’est vrai que nous avons été agréablement surpris en  voyant les terres toutes cultivées et impeccablement tenues , les arbres fruitiers plantés sur d’énormes superficies et  l’irrigation installée en pleine campagne mais l’hygiène dans certaines rues de Constantine reste problématique !

         Nous nous quittons encore très satisfaits de notre journée. Demain c’est la séquence émotion…Nous allons à Aïn-Makhlouf !...à Rénier !

 

 

 

 

Samedi 22 avril 2006: Rénieeeeeer!!!!!!!!!      

                                 Voyage Renier 206_1_1.jpg (87863 octets)     Et puis bien sûr , Renier-Aïn –Makhlouf …Indescriptible ce que nous avons vécu  là-bas  et l’accueil que nous avons reçu de ceux que nous avions connus  sur les bancs de l’école autrefois. Le vieux village a peu changé mais la population est passée de 6000 à 20000 habitants. Les nouvelles constructions, pas vilaines du tout , bien au contraire, s’étalent en trèfle autour de l’ancien village. Nous avons retrouvé presque tout ce qui avait été notre enfance !  Inoubliable …

 

          A 9heures, nous sommes dans le minicar et nous attendons Mr Zadi qui, ce jour-là, a du retard. Nous piaffons d’impatience….En attendant, je demande aux gendarmes de l’escorte de ne pas klaxonner ni actionner les sirènes en entrant dans Rénier. Ils me répondent que l’escorte est relevée par une autre à Aïn-régada  et qu’il me faut informer leurs collègues. Enfin nous partons. Nous reprenons le chemin d’hier, Le Kroub, Aïn-Abid et enfin Aïn-Régada où nous nous arrêtons pour permettre à Marc de revoir la maison de ses parents et son village. Au début, déception, il ne reconnaît rien. Nous interrogeons en vain quelques personnes âgées que nous croisons puis nous nous dirigeons vers l’église qui est toujours debout face à la mosquée et là, Marc aperçoit  le château d’eau qui lui permet de se repérer et de tout retrouver. Les algériens, très vite informés de sa venue, arrivent de toute part pour le saluer et lui parler. Il retrouve également d’anciens élèves et des amis d’enfance. Pendant ce temps, Mireille son épouse prend des photos, ramasse de la terre et des cailloux en souvenir et Christian fait de même en arpentant  le village de son côté et en glanant des informations. Il apprend ainsi que l’église est maintenant utilisée comme école coranique. Juste à côté, une mosquée a été construite et cela fait drôle de voir le clocher et le minaret l’un en face de l’autre comme s’il n’y avait qu’une seule construction.

         Nous repartons ensuite en direction d’Aïn-Makhlouf .En route nous admirons la campagne avec ses champs bien verts et bien entretenus…Mon Dieu ! Quel beau paysage ! Bientôt nous nous engageons, à la sortie d’Oued Zénati , sur la route conduisant à Renier.  Plus que 14km dit le panneau ! Je suis sur des charbons ardents…Nous passons le col du Djebel Ancel et là, je commence à tout reconnaître.  Quelle émotion ! Là, sur la gauche, je distingue les arbres de la ferme Marcel…Plus de bâtisse, tout a été ratissé mais les champs de blé autour sont magnifiques et remarquablement entretenus. Puis nous apercevons le village dans le bas et nous arrivons devant la gendarmerie. Elle est restée la même avec des arbres bien plus grands devant . Nous nous garons en face,  à la place du petit puits qui était autrefois là en décoration .Conformément à ce que nous avions décidé c’est Raymonde qui a l’honneur de remettre la première le pied sur la terre natale, puis Nono, Pierre et Joseph et enfin moi. Je ne peux m’empêcher de toucher la terre, cette terre tant aimée et qui m’a manqué depuis 44ans ! J’ai envie de l’embrasser.

         En levant la tête vers le communal, je vois plusieurs petits immeubles et une forêt d’arbres qui n’existaient pas de notre temps. Le village s’est agrandi de ce côté mais ce n’est pas laid, loin de là…Nous nous avançons sur la route. Au tournant, nous apercevons le château d’eau qui n’a pas changé et enfin la rue d’en haut qui s’ouvre largement devant nous. Première maison à gauche, celle de Georges Molliex. A droite, celle des Regourd qui est inhabitée et visiblement peu entretenue. Et puis, la mienne. La terrasse est là, le portail de l’écurie aussi, de même que l’impasse d’entrée mais cette dernière a été fermée au bout car il y a de nouvelles constructions derrière et l’on a visiblement cherché à s’isoler d’un éventuel va et vient. Plus de banc en pierre devant  mais le balcon est encore là. Paul et Arnold prennent des photos et heureusement qu’ils sont là parce que moi, je suis tellement absorbée et émue que je ne penserais pas à faire des photos ! La maison de mademoiselle Augustine est toujours là. Par contre, plus de maison Roux ni de table en pierre. Tout a été rasé ! Sans doute y aura-t-il bientôt à la place une autre construction !  Tout de suite après c’est l’ancienne poste. Le bâtiment semble repeint depuis peu mais les volets sont fermés …Visiblement ce n’est plus une poste ! Et à côté, toute pimpante avec des fleurs au balcon, la maison de Christian Baudet. En face celles de Mme Versini et de Mr Regourd  Abel sont toujours là mais un agrandissement est en cours . Nous poursuivons notre avancée mais nous commençons à être reconnus et entourés. On s’approche de nous, on nous souhaite la bienvenue. L’ancienne mairie est à sa place mais elle est  devenue une banque et la rue qui descend est identique à celle d’autrefois. L’école n’a pas changé, les maisons de Raymonde et de Nono, non plus. La maison des Petit est également là, de même que celle des Mille et des Bugny. Rien n’a vraiment changé.

          Mais bientôt, nous sommes accostés. On m’interroge sur mes origines, on me reconnaît et on me pose des questions sur Hervé, Régine, Arlette , Georges …On ne nous a pas oubliés , c’est très émouvant. Ceux qui étaient jeunes en même temps que nous arrivent… Ali qui travaillait au café Sciberras  et qui me rappelle plein de souvenirs, Abdel Krim qui habitait en face de chez moi et que j’embrasse tellement je suis contente de le revoir. Il me présente son fils qui travaille à la mairie et nous nous remémorons avec plaisir des souvenirs communs. Il a épousé une cousine et a eu 9 enfants, 7 garçons et 2 filles. Il a même 5 petits enfants ! Abdel Hamid  et Youcef qui se souviennent très bien d’Hervé, le fils de Labidi le boulanger chez qui nous achetions notre pain . Youcef tient une épicerie  et nous invite à boire un soda bien frais au café maure. Nous entrons donc dans ce café devant lequel je suis si souvent passée mais dont l’entrée nous était interdite, nous les femmes !  Nous sommes très entourés, je ne sais plus où donner de la tête d’autant que de plus en plus de monde arrive pour nous saluer ! Mon Dieu quelle émotion !

         Enfin Latra , une amie d’enfance qui était à l’école avec moi s’approche. Elle est toute pimpante et parle un français impeccable. Elle travaille à l’infirmerie où elle assure les fonctions d’infirmière et de secrétaire. Elle me demande des nouvelles de toutes les filles du village et de madame Gaillard notre institutrice. Elle est veuve depuis l’âge de 24 ans et a deux enfants. Monsieur Zadi n’en revient pas de voir l’accueil que l’on nous fait. Il me rappelle que nous sommes attendus à la gargotte pour manger les brochettes et que nous avons un horaire à respecter. Abdel Krim nous quitte en me donnant rendez-vous l’après-midi chez lui pour me présenter son épouse. Je lui dis que j’aimerais bien revoir l’intérieur de ma maison, il me promet d’arranger cela avec la personne qui occupe les lieux maintenant. Nous nous installons dans la salle qui a été aménagée en restaurant  spécialement pour nous. Les brochettes sont très bonnes, comme autrefois. Il y en a à la viande, au foie, aux rognons. Je pense à mon oncle Joseph qui se régalait tous les samedis ! Nous avons ensuite des cacahuètes et du thé à la menthe. L’ambiance est très bonne. Nous prenons plusieurs photos puis vient l’heure de poursuivre notre tour du village. La mosquée est toujours la même, un nid de cigognes est installé prés du minaret comme autrefois sur le clocher de l’église. Un commissariat de police a été construit juste à côté. Je retrouve tout  sauf la place du marché sur laquelle on a créé une très belle poste et une nouvelle petite rue, parallèle à celle qui descendait et qui abritait tous les commerces arabes. Le marché a été déplacé vers l’aire d’atterrissage des hélicoptères. Nous poursuivons notre tour. La maison Resin est devenue un café maure et un magasin de pâtisseries orientales sur la partie rue où nous aimions tant nous asseoir à l'ombre de la tonnelle de roses-pompons. Nous nous régalons en mangeant des zlabias puis nous prenons la rue d’en bas. Le mozabit n’est plus là mais la maison est occupée.C’est paraît-il, la première maison construite à Renier et qui appartenait à Justin Payan. L’épicerie de Claude est fermée, la maison des Davrieux est en place de même que celle des Petitgirard.. Le café Sciberras n’est plus un café mais une pharmacie et l’école d’en bas a été transformée en habitation .La maison d’Auguste est bien entretenue. Ensuite, nous arrivons devant la nouvelle mairie. C’est un beau bâtiment, construit à la place de l’ancienne salle des fêtes, juste en face du jardin de l’église. L’église a été supprimée et remplacée par un monument aux morts et un bassin vide d’eau ce jour-là, le tout relié par des escaliers qui débouchent sur la rue d’en haut. Ce n’est  pas mal mais le jardin est envahi par les herbes folles et je ne peux m’empêcher de penser aux fleurs qui faisaient la fierté du curé Pincos. Combien d’heures avons-nous passées dans ce jardin, tous les jeunes du village, pour aider le curé à l’entretenir ! Nous enlevions les mauvaises herbes, arrosions, bêchions ! Sans compter l’entretien de l’église auquel nous participions. A plusieurs reprises avec Lucie et Régine  nous avons astiqué le carrelage de l’église et fait la poussière sur les statues ! Avec Mr Zadi, nous rentrons à la mairie pour saluer le maire mais il s’est absenté. Nous devions le rencontrer à notre arrivée mais le fait de nous être arrêtés devant la gendarmerie , à ma demande parce que je ne souhaitais pas rentrer dans le village comme dans Guelma toutes sirènes hurlantes, plutôt que devant la mairie a dû désorganiser  et ajourner ses projets et même le vexer. Je laisse ma carte au personnel présent et très affable, en l’informant de l’existence du site internet de Rénier et de mon intention de l’enrichir avec la partie Aïn-Makhlouf.  J’ai l’impression qu’internet est très peu développé dans le village et qu’on ne sait pas ce qu’est un site !

         En compagnie d’Ali et d’Hamid , je descends maintenant vers la maison des Molliex  en passant près de celles des Tavera  et des Denis, puis près du foyer rural qui est occupé par des bureaux administratifs et ceint par des hauts murs qui en empêchent l’accès. La maison Molliex est toujours là et semble en bon état bien qu’inoccupée. Je remonte la rue pour reprendre la rue du milieu. Je vois le presbytère, la maison des Payan  qui a été rehaussée de deux étages, la maison Pra. Je montre à Paul où habitait ma copine Mimia qui vit actuellement à Alger où elle dirige le service de stomatologie à l’hôpital . Je ne suis pas surprise, elle était une élève très brillante. Toujours là également, la maison de Louis et celle des Molliex. La maison de ma grande tante Amélie Télésia a bien souffert  mais l’infirmerie, un peu plus loin, est telle qu’autrefois. Dans le bas, vers le moulin, la maison de la tante Jeanne est en ruines mais le petit pont où nous aimions nous asseoir est toujours là. Le village s’est agrandi vers le bas tout autour du cimetière dont il ne reste que les arbres, il y a maintenant de nombreux immeubles, un collège, un lycée, un bois dans le lointain. Mon Dieu que de nouveautés !

         Le fils d’Abdelkrim vient me chercher pour me dire que son père m’attend pour la visite de ma maison. Je remonte la petite rue où se trouvent les anciens préfabriqués de l’école  pour rejoindre la rue d’en haut. Abdelkrim est là devant ma maison avec son occupante. C’est Afsia, la fille d’un employé de mon oncle qui vivait à la ferme Marcel  et entretenait le jardin. Quand elle me voit, elle n’arrête plus de me serrer dans ses bras et de m’embrasser. Sa mère et son père sont morts, ses frère et sœur également. Elle vit, depuis, toute seule dans la maison qu’elle me fait visiter. Tout me semble plus petit. La terrasse, l’écurie, la salle à manger, la chambre à coucher où je suis née , la cuisine où il n’y a plus d’évier et la chambre de mon oncle . Je retrouve tout mais un peu modifié. Les cheminées ont disparu, le hangar n’existe plus, la toiture a été ouverte pour faire du jour car tout l’arrière de la maison où se trouvait le haouch  est occupé par d’autres personnes qui sont en train de construire une maison avec étage. Je revois la grange aussi. Mon Dieu ! Que de souvenirs me reviennent en mémoire !   Les carrelages sont les mêmes tout comme le fenestron qui donne sur l’impasse. Afsia nous offre boissons et petits gâteaux. Nous sommes nombreux dans la maison car tout le monde m’a suivie ! Nous passons sur la terrasse, le temps de prendre encore quelques photos puis je fais mes adieux, passablement émue ! Afsia tient à m’offrir un parfum et un plateau de service décoré d’une maison. Je prends cela comme un message. Quelle gentillesse !

         Je passe ensuite avec Arnold et Julien chez Abdelkrim qui habite toujours en face, de l’autre côté de la rue. Il me présente son épouse, sa belle-fille et son petit-fils et me fait visiter sa maison puis il me montre le très joli jardin qu’il a installé à la place de la cour que j’ai connue autrefois. Depuis son balcon je vois au loin, sur la droite, le cimetière et le nouveau quartier El Enchire. Sa femme est belle et très sympathique, elle me propose un café mais je suis obligée de décliner son offre car les autres m’attendent dehors et que je ne peux m’attarder en raison de l’horaire qui a été établi par Mr Zadi. Je prends congé très émue car elle m’offre aussi un parfum ! Quelle gentillesse elle aussi !

          Je repars pour aller cette fois chez Abdel Hamid  dont l'épouse nous a préparé des beignets et des boissons fraîches pendant que nous déjeunions !

         Auparavant je passe à l’école et de nouveau c’est l’émotion. Je retrouve la cour, les appartements, les salles de classe dont celle où j’ai appris à lire, le jardin que mon oncle Charles cultivait. Rien n’a changé sinon en mieux. Tout est bien entretenu. C’est Nagilla qui occupe l’appartement de fonction où habitaient ma tante et mes cousines car elle était, jusqu’à cette année, institutrice. Elle nous rejoint et me rappelle le temps où nous étions ensemble au collège et où je lui expliquais les exercices de mathématiques. Je ne me souviens pas de ce détail. Elle est mariée et a trois enfants qui ont bien réussi. (ingénieur, architecte, avocate) . Elle est maintenant à la retraite depuis septembre dernier et habite encore dans l’appartement de fonction en attendant d’en trouver un autre. L’école est inoccupée cette année car la municipalité est en train de la rénover pour la transformer en restaurant scolaire. Je lui donne l’adresse du site de Rénier mais elle me dit qu’il n’y a pas internet à Aïn-Makhlouf !...Quel dommage !

         Nous terminons notre tour chez Hamid  qui occupe la maison de Marcelin Baudet.Cette dernière est coquette et bien entretenue. Les beignets que son épouse a confectionnés spécialement pour nous entre midi et quatorze heures car je m’étais plainte d’être arrivée trop tard  au marché et de n’avoir pu en  acheter, sont excellents de même que le miel des ruches d’Hamid et  les rafraîchissements qui sont servis en accompagnement. Nous sommes très bien reçus et très nombreux dans la maison car Latra nous a rejoints et les services de sécurité sont également rentrés. Nous passons un moment très agréable en leur compagnie et avant de partir, Hamid nous donne, en souvenir, de la terre de son jardin et une rose à chacune avec des plantes aromatiques. Quel accueil !

          C’est à regret que nous empruntons de nouveau la rue d’en haut pour rejoindre notre minicar, suivis par tous nos anciens amis. Latra nous embrasse et pleure en nous quittant.

          Quelle magnifique journée ! On nous demande de revenir et surtout de prévenir pour que l’on nous prépare un couscous comme autrefois et un méchoui. On propose même de nous héberger. Une de nos anciennes connaissances est arrivée de Guelma en taxi l’après-midi, juste pour nous saluer et nous dire combien il était heureux de nous revoir .Il avait été informé de notre passage par téléphone à midi ! Le plaisir est partagé.

          Nous sommes très émus en reprenant notre car pour le retour. Je regarde une dernière fois la ferme Marcel, les champs de mon oncle Joseph, le paysage magnifiquement grandiose.

          Est-ce que je reviendrai ?  Je ne sais pas. J’ai été heureuse de faire ce pélérinage avec mon fils et Paul. Arnold était dans la maison comme chez lui. Je lui en ai tellement parlé qu’il semblait tout retrouver facilement. Quant à Paul qui était venu à Rénier, pendant son service militaire, en octobre 1962 le temps de déménager le poste de commandement, il a tout reconnu également …Les makhloufiens ont apprécié que nous ayons amené nos enfants et nos petits enfants, plusieurs m’en ont fait la remarque avec satisfaction.

         Sur le chemin du retour, un petit incident nous permet de nous attarder près des champs de blé. La voiture de l’escorte a crevé un pneu et en attendant le remplacement du véhicule nous cueillons coquelicots, marguerites et nous échangeons nos impressions.

         En arrivant à Constantine vers 19h,  nous revivons, à table, tous les moments de la journée en les commentant et en échangeant les informations reçues. Ce qui nous étonnera le plus c’est d’apprendre que la population est passée de 6 000 habitants à plus  de 20 000 habitants et que 99% de ceux qui étaient à Rénier en 1962 sont morts où sont partis en ville.         Quand Jacqueline dit que l’armoire à glace qui était dans la chambre où je suis née nous appartenait, ( c’est Afsia qui le lui a dit ! ), Arnold clique sur l’information et regrette de ne pas avoir demandé si des photos de notre temps n’avaient pas été conservées. Elles avaient été oubliées au moment de notre départ dans une boîte en fer placée au-dessus de l’armoire ! Je ne peux m’empêcher de rire…Pour moi c’est du passé et bien passé ! Arlette nous dira au retour qu’en fait les photos ont été ramenées par Julot …

         Le repas est encore un menu typique de Constantine et malgré tout ce que nous avons mangé à Aïn-Makhlouf , nous faisons honneur aux plats qui nous sont présentés tellement c’est bon !

         Que de souvenirs en perspective !

         

         Nous montons nous coucher très contents de notre journée et la tête pleine d’images  de Rénier … Nous y retournerions bien le lendemain si nous pouvions mais le circuit a été donné aux services de sécurité à notre arrivée et il faut le respecter !

 

 

 

 

Dimanche 23 avril:   Collo et Skikda

Voyage Renier 413.jpg (272156 octets)    A Collo aussi la population a grossi mais bien plus qu’à Aïn-Makhlouf . 50 à 60 fois plus qu’autrefois…Les infrastructures ont du mal à suivre mais le petit port est toujours aussi mignon et typique.

P1010117.JPG (67628 octets)       A Skikda , nous avons déjeuné et nous nous sommes promenés au port puis nous sommes allés en haut de la ville pour admirer le panorama . Belle ville également

 

      Aujourd’hui nous devons aller à Collo et à Philippeville. C’est Jean-Pierre qui a souhaité aller à Collo pour rapporter des photos à ses beaux-parents qui sont originaires de ce village et c’est moi qui souhaitais passer à Philippeville pour saluer mon cousin Armand Payan qui est encore prêtre dans cette ville.    Toujours encadrés par nos amis policiers nous voilà repartis dans le minicar. Pas loin de Constantine, le long de la route, il y a des potiers qui exposent leurs productions tous les 100 mètres. Nous promettons de nous y arrêter avant notre départ. De nouveau des eucalyptus à perte de vue, des troupeaux de moutons avec leur berger, quelques cigognes dans les champs… La campagne est belle mais différente de celle de la région de Guelma, un paysage pourtant toujours vallonné et verdoyant.

     Nous traversons un village qui s’appelle Tamalous et nous ne pouvons nous empêcher de rire à cause des «  t’as mal où » que nous sommes à notre âge , rires amplifiés quand Jean-Pierre ajoute que la capitale des « t’as mal où » c’est Bobola. Nous doublons, grâce à notre escorte, des voitures arrêtées à un barrage de police sans y prêter réellement importance …Bientôt nous arrivons à Collo. A l’entrée, nous découvrons un joli petit port avec de nombreuses barques de pêcheurs ressemblant aux pointus que nous trouvons sur la côte méditerranéenne, en France. Mais dans le village nous déchantons rapidement. Les gens sont fermés et nous regardent presque avec hostilité. L’impression se confirme au départ de la gendarmerie où nous nous sommes arrêtés pendant presqu’une heure pour la relève de l’escorte quand nous voyons que l’on nous éloigne de Collo pour nous emmener visiter des lieux autrefois touristiques, escortés par deux voitures de gendarmerie devant et cinq derrière, la cinquième étant une camionnette avec huit hommes armés jusqu’aux dents et portant des gilets pare-balles ! Nous ne sommes pas très rassurés surtout sur ces petites routes escarpées dans un paysage certes grandiose mais qui constituait par ses nombreuses gorges un repère de choix  pendant la guerre d’Algérie. Nous y pensons mais nous oublions vite devant la beauté sauvage des lieux. Nous nous arrêtons à Tamanart , un joli coin en bordure de mer , entouré de lauriers et de mimosas. C’est beau, la mer est presque vierge ici, aucune pollution, aucune circulation de bateaux et paraît-il, beaucoup de poissons. Un complexe touristique, autrefois très fréquenté, est abandonné depuis une quinzaine d’années en raison des «  années noires »  qu’ont vécues les algériens. C’est vraiment dommage ! Nous repartons pour rouler vers le sémaphore de Bouragoni en hauteur. La vue est magnifique sur cette côte sauvage. Nous nous attardons pour prendre quelques photos puis nous repartons vers Collo que nous traversons dans une atmosphère toujours aussi hostile ou sinon hostile, du moins méfiante. Est-ce nous qui suscitons cette réaction ou notre escorte exagérément importante ?  

      Nous prenons la route de Skikda, nouveau nom de Philippeville, que nous atteignons à 16h seulement en raison de relèves de l’escorte plus nombreuses et plus longues que d’habitude. Monsieur Zadi est fou de rage et le restaurateur qui nous attendait pour 13h , inquiet de notre retard est venu à notre rencontre .Je ne verrai pas Armand mon cousin qui est malade depuis quelques semaines et séjourne en France pour se soigner. Après un repas bien sympathique, nous visitons Skikda en car avec deux seuls arrêts, l’un au petit port  et l’autre tout en haut où se trouve un point de vue remarquable sur la ville.C’est une belle ville ! A 19h, nous reprenons la route pour Constantine en regrettant de n’avoir pas fait les magasins du centre, sous les arcades, et de n’avoir pu nous promener dans la ville.

     Nous arrivons à l’hôtel Cirta à 21h30, exténués .Au restaurant, où nous retrouvons Christian qui n’est pas venu avec nous aujourd’hui en raison d’un malaise gastrique, nous reparlons de cette journée éprouvante et de l’animosité que nous avons sentie dans l’air sans savoir pourquoi et contre qui ! Par contre, nous avons bien ri. Jacqueline et Jean-Pierre ont mis une ambiance formidable dans le car tout comme le faisait leur père, Gilles, autrefois dans les réunions de renéens et Raymonde nous a raconté de nombreuses anecdotes sur Renier et les familles. Et au restaurant cela continue…Un régal !

     Demain Bône, la ville de mes vacances !

 

Lundi 24 avril  Annaba

 

     Emotion forte au petit déjeuner quand, en arrivant au restaurant, Marc nous montre le journal « Le quotidien » dans lequel on relate l’embuscade d’hier à Tamalous qui a fait 9 morts (des gardes communaux) et 25 blessés. Cet attentat a eu lieu à 10h et nous, nous sommes passés vers 11h ! Nous comprenons tout maintenant ! Ces renforts de notre escorte, ces barrages sur les routes, ces attentes pour la relève et le fait que nous n’ayons pu nous promener à pied dans Collo ni Skikda ! Nous sommes surpris et reconnaissants en même temps que notre programme ait été maintenu alors que les forces de l’ordre auraient eu mieux à faire après cet attentat ! L’Algérie a vraiment choisi de jouer la carte du tourisme.

      Tout de même, nous trouvons le moyen de rire et plaisanter en disant à Christian qui n’est pas venu avec nous hier qu’il a failli être le « survivant » ! Nous nous passons le journal pour lire l’article en détails. Les algériens, eux, n’ont pas l’air d’être troublés. Monsieur Zadi nous dira que ces embuscades sont rares maintenant alors qu’elles étaient très nombreuses et beaucoup plus meurtrières pendant les années noires. Elles visent presque toujours les forces de police.

     A 9h, heure prévue pour le départ, pas d’escorte. Celle-ci arrivera seulement à 10h10. Auparavant, Latifa et Maria qui travaillent à l’agence Galaxie passent pour nous dire au revoir car nous ne les reverrons plus étant donné que nous allons nous installer à Annaba. Latifa a apporté des gâteaux à Raymonde et de l’eau aromatisée et nous échangeons nos adresses. Enfin, c’est le départ vers Annaba. Au passage, je remarque l’Alhambra, ancien cinéma de Constantine, dans lequel j’étais allée voir le film « Sissi impératrice » avec ma mère. Quel souvenir !

     Nous passons devant les potiers et nous finissons par nous arrêter pour faire nos achats. J’achète une geshra pour rouler le couscous, une soupière, un plat pour faire cuire la galette, une cuillère en bois, un plat à gâteaux…Quel bonheur d’avoir tout cela ! C’est un policier de notre escorte qui arrête le prix avec le jeune vendeur complètement déboussolé par tout ce monde qui déboule chez lui pour acheter autant d’objets !

     De retour dans le car , monsieur Zadi plaisante sur tous mes achats , je lui fais remarquer qu’il me manque un kanoun si bien qu’un peu plus loin, quand nous nous  arrêtons pour la relève de l’escorte, Ali , le chauffeur, en achète un pour me l’offrir tandis que  Monsieur Zadi  offre une marmite à Mireille. Nous sommes très touchées par ce geste, vraiment très touchées. Quelle gentillesse ! Le voyage reprend, j’admire au passage deux montagnes dans le lointain. Ce sont les Toumiettes, les jumelles qui sont côte à côte, sur notre gauche.Elles sont belles !  Le voyage continue sans encombre et nous entrons dans Annaba vers 13h.

    Quelle émotion encore en arrivant au port, en apercevant le cours Bertagna, en longeant la corniche, en revoyant la plage Saint-Cloud puis la plage Chapuis et enfin la caroube avec les petits cabanons ! Rien n’a vraiment changé ! Tout est là. Notre hôtel n’est pas loin du Cap de Garde, hôtel  moderne avec une vue magnifique sur la baie. Nous sommes accueillis avec des petites pâtisseries délicieuses et une boisson fraîche puis nous montons rapidement dans nos chambres où nous ne faisons que déposer nos bagages car il faut déjà repartir vers le restaurant « la caravelle » pour déjeuner.

     Nouvelle émotion en retrouvant ce lieu où j’étais venue avec mon père et ma grand-mère autrefois. Nous mangeons près de la mer, des gambas et de l’espadon grillé avec de la galette et un dessert aux fraises. Nous avons une discussion avec le patron qui nous dit son espoir de voir revenir les français pour travailler. Il n’apprécie pas la présence des chinois et des hindous pour la réalisation de grands travaux et quand je lui fais remarquer que les algériens savent travailler et n’ont besoin de personne, il me répond que les algériens savent faire le gros du travail mais pas les finitions et que dans ce domaine, les français sont les meilleurs. Nous rions…

     Nous partons vers 15h pour Saint Augustin où un moine nous accueille et nous fait visiter la basilique en  commentant les points principaux de son histoire. Et là, nouvelle surprise ! Il nous demande de lui dire qui nous sommes et les raisons de notre présence en Algérie. Deux algériens qui se sont joints à nous pour la visite réagissent quand je parle d’Aïn-Makhlouf car leurs parents sont également originaires de là-bas et comble de tout, ce sont des neveux d’Abdel Hamid chez qui nous avons mangé  les beignets à Rénier ! Je crois rêver … Quelle coincidence ! Leur mère compte-tenu de son âge a forcément été avec moi à l’école chez madame Gaillard. L’un des deux vit à Saint-Laurent du Var, près de Toulon, où il travaille dans la restauration. Il est actuellement en vacances dans sa famille. Marié avec une française, il a deux enfants. De nouveau, nous échangeons nos adresses. Ce jeune me dit qu’il y a beaucoup de makloufiens à Bône et qu’ils occupent tous des postes importants. Je lui dis que les enseignants ont dû être bons, point de vue qu’il partage entièrement. Je me promets de répéter cela à Madame Gaillard, elle sera contente !

 

         Derrière la basilique, il y a toujours la congrégation des petites sœurs des pauvres. En ce moment les enfants qu’elles gardent sont dans la cour et jouent, heureux. Nous partons ensuite visiter la ville. Nous faisons les magasins dans l’ancien quartier de la colonne et du marché couvert. La foule est dense et nous nous promenons cette fois sans escorte avec pour consigne de rester groupés pour ne pas nous perdre. A un moment, Paul me rejoint dans un magasin où je suis en train de choisir des cadeaux tout en échangeant des souvenirs avec le patron sur le Bône d’autrefois. Il me dit qu’il vient d’avoir une frayeur car Arnold avait disparu et que tous les hommes du groupe étaient partis à sa recherche pour le retrouver, un bon moment après, dans un magasin  plus loin en train de choisir tranquillement un plateau en métal …Arnold ne comprend pas cet affolement, il est  comme un poisson dans l’eau, très à l’aise, comme s’il avait toujours vécu  ici ! Nous, nous sommes encore porteurs de nos inquiétudes d’antan !

          Nous passons ensuite sur le cours Bertagna qui est exactement comme autrefois ; les arbres n’ont pas changé. Seuls  leurs troncs  ont été blanchis sur la partie inférieure pour les protéger des insectes sans doute ! Nous prenons plusieurs photos et nous parlons avec des algériens qui se promènent  sur le cours comme nous le faisions autrefois …Souvenirs, souvenirs !  Raymonde se régale. Elle discute avec les plus vieux algériens  en faisant de grands gestes, on la sent heureuse, très heureuse et cela nous réjouit et nous fait rire en même temps !

          En passant dans une librairie, monsieur Zadi m’offre un livre de cuisine algérienne, celui qui est le plus lu en Algérie écrit par Fatima Zohra Bouayed . Il a ajouté une dédicace très touchante à mon égard. Je vais pouvoir essayer  des recettes  à mon retour !

          En revenant à l’hôtel, nous passons près de Beauséjour et j’arrive à repérer, au passage, la rue qui conduisait à la rue Roland Garros où habitait ma grand-mère. Que de souvenirs me reviennent en mémoire ! La ménadia  plus loin a bien vieilli, d’autres immeubles, plus jolis se sont construits à côté …Mais la ville est propre, impeccable, toujours aussi coquette ! On nous dira qu’ici, il y a un plan d’urbanisme qui est bien respecté  de manière à endiguer l’exode rural et empêcher  les constructions anarchiques. Le résultat est là !

          Le soir à l’hôtel, nous décidons de ne pas aller à la Calle le lendemain matin pour profiter encore d’Annaba. Le repas se passe bien. Chorba et plat à base de boulettes de viande accompagnées de pommes de terre puis fraises en dessert. Excellente soirée.

          Je m’endors face à la plage Chapuis dont je vois briller au loin les lampes par la fenêtre ouverte de la chambre.  Je suis heureuse d’être là

 

 

 

    Mardi 25 avril   Annaba

 

bertagna.jpg (90961 octets)         Enfin Annaba-Bône. Le cours Bertagna est toujours là, seul son nom a changé , c’et le cours de la révolution. Notre groupe est enchanté …Monsieur Zadi , directeur de l’agence Galaxie est avec nous ainsi que Kamel son adjoint . 

Voyage Renier 577_1_1_1.jpg (41116 octets)      Le Cap de Garde , toujours là aussi …Que de souvenirs !

 

Voyage Renier 541_1_1.jpg (110749 octets)         La basilique  Saint-Augustin et les ruines d’Hippone n’ont pas bougé ni changé. Accueil très chaleureux à Annaba . Nous nous sommes promenés sur la corniche où nous avons retrouvé toutes les plages , Saint-Cloud, Chapuis , La Caroube, Toche , le Belvédère…. Notre hôtel « l’hôtel Rym el djamil » dominait toutes ces plages et nous offrait un panorama magnifique.

          Je me réveille tôt, à 6heures …J’entends le bruit de la mer et je vois, comme à plusieurs reprises cette nuit, les lumières de la plage. C’est magnifique…Il y a du vent, le temps est moins beau mais il ne fait pas froid. Il a même plu sur le matin.

           Après le petit déjeuner, nous partons pour une visite guidée des ruines d’Hippone. Nous nous arrêtons d’abord au cimetière français et là, je cherche la tombe de mon grand-père Couder en suivant les indications écrites de mon oncle Christian. Le cimetière est bien tenu  et bientôt je découvre la tombe, en bon état, excepté un éclat de marbre qui gît par terre. Paul le ramasse, le rajuste puis prend des photos que nous remettrons à Christian et à mon oncle Jean. Au moment où j’arrive sur la tombe la pluie se met à tomber et ne cessera que lorsque je serai sortie du cimetière. Etrange tout de même !...Etrange également cette impression que j’ai de la présence de ma grand-mère avec moi en ce moment.

     Je contacte Aïcha, la gardienne, à qui je remets de l’argent pour l’entretien de la tombe. Elle me donne son adresse pour la contacter chaque année à Toussaint. Sa présence est rassurante.

     Nous partons ensuite pour Hippone. Le guide nous donne quelques explications sur l’ensemble des ruines, numides, phéniciennes puis romaines. Intéressante, cette visite et intéressante la discussion engagée à la fin avec le guide qui nous dit appartenir à la famille Ben chetah de Aïn-Makhlouf, …Ce n’est pas vrai, je rêve encore, une nouvelle coincidence ! Aïn-Makhlouf est le centre du monde.

     Nous repartons, satisfaits, et décidons de marcher le long de la corniche en attendant d’aller déjeuner. Superbe cette balade ! Elle me permet de revoir Alzon, le cimetière musulman sur la colline et la plage Saint Cloud. Il me semble que la plage de sable est plus étroite maintenant. J’arrive, au passage, à localiser la rue par laquelle nous arrivions  quand mon père habitait rue Marconi. Paul me prend du sable dans une bouteille, en souvenir. Pierre souffre du genou et doit prendre un taxi pour se rendre au restaurant « la caravelle » où un SUPER repas nous attend. Un couscous formidable après une petite salade de poivrons en entrée, couscous accompagné de beurre frais (et bio dira le patron) et de petit lait, l’ben. Je me régale littéralement. Ensuite nous avons fruits et petits gâteaux et bien sûr le thé à la menthe et même de la galette ! Je suis aux anges !

     Après le repas, nous partons en direction du Cap de Garde et là encore je retrouve les lieux de ma jeunesse. Les petites criques dans lesquelles je me baignais quand mon père m’y emmenait. La colline qui y conduit est couverte de genêts en fleurs, d’iris sauvages, de griffes de sorcière et d’autres plantes fleuries que je reconnais mais dont j’ignore le nom. Cela sent bon ! …et c’est bon pour les yeux. Nous ne pouvons accéder au sommet du Cap car c’est un terrain surveillé ce qui fait que je ne verrai pas l’égyptienne, ce rocher à forme humaine qui s’avançait dans la mer. Cela ne fait rien, d’autant qu' une brume de chaleur barre l’horizon et en masque la vue.

     Nous discutons un moment avec des algériens venus aussi pour admirer le paysage, ensuite nous prenons la direction de la ville où nous souhaitons encore faire quelques emplettes, toujours à la colonne. Sur le chemin, je demande à Ali de m’arrêter à Beauséjour pour retrouver la maison de ma grand-mère. L’épicerie a changé de place, il n’y a plus qu’une seule entrée mais les chambres sont identiques. Le boulanger par contre est toujours là. Paul et Arnold font des photos pendant que je me souviens de tous les bons moments passés ici avec ma grand-mère. Souvenirs, souvenirs !...

     En ville, après un dernier tour sur le cours Bertagna, nous faisons nos achats et nous achetons une cravate fantaisie pour Mr Zadi  et des bracelets pour les jeunes filles de l’agence Galaxie qui ont été si aimables avec nous. Nous remettons l’ensemble au moment du repas accompagné d’une carte  signée par tous et moi …je reçois du groupe un beau livre de Maupassant sur l’Algérie avec des dédicaces de chacun.  C’est Noël !...et je suis très touchée.

     Nous passons à table pour un ultime couscous et les ultimes conversations de fin de séjour. Eh !oui… c’est demain le départ ! Les valises sont un vrai casse-tête car il faut tout faire rentrer de manière à éviter la casse pendant le trajet. Paul est virtuose en la matière et tout finit par se caser ! Il ne reste plus qu’à attendre le passage à la douane.

 

 

Mercredi 26 avril     Jour du départ

 

     Je me lève à 6 heures pour profiter un peu plus de la vue et de l’atmosphère. Les valises sont bouclées, je ne stresse pas.

     Dernier petit –déjeuner en groupe. Monsieur Zadi se plaint d’avoir mal dormi à cause de Kamel qui dort dans sa chambre et ronfle « comme une locomotive ». Nous parlons et reparlons de notre séjour puis vient l’heure du départ , 8 heures. Nous prenons d’ultimes photos devant l’hôtel  Rym El Djamil …Raymonde ne rit pas, elle me fait signe qu’elle est toute retournée de tristesse. Nous embarquons tous les bagages dans le car puis départ…mais pas serein car Arnold ne retrouve plus son billet d’avion. Il cherche partout en vain. J’ai la tension qui monte…Du coup j’oublie de regarder une dernière fois le paysage. Je ronfle moi aussi mais de contrariété !...Et puis presque à la sortie de Bône, Victoire, il retrouve son billet qu’il avait trop bien rangé ! Ouf !!!

     Le ciel est gris ce matin. Il a plu dans la nuit et au moment du départ nous avons senti quelques gouttes. Le temps est comme nous, triste !

     Nous prenons la route de Constantine .Les relèves d’escorte se font superbement bien aujourd’hui, sans doute parce que monsieur Zadi a annoncé que nous prenions l’avion. Trois heures de route…A 11 heures nous arrivons à l’aéroport et commencent alors les formalités et contrôles avant l’embarquement. Nous disons au revoir à Ali notre chauffeur qui est venu nous rejoindre avec une jeune fille de l’agence puis à Kamel qui remet, en souvenir, un magnifique foulard à chacune d’entre nous. Raymonde et Nono sont les plus gâtées car leur foulard vient de la mecque !...nous sommes très touchées. En gagnant les salles, Raymonde commence à pleurer, Mireille aussi, du coup je craque et moi qui n’avais pas versé une larme de tout le séjour, je pleure aussi. Le policier au contrôle de police s’inquiète et m’interroge pour savoir si je vais bien. Je lui réponds que je n’ai rien mais que je pleure parce que je quitte l’Algérie. Il me dit de revenir bientôt. Au moment de passer l’ultime contrôle au détecteur de métaux, Paul déclenche la sonnerie et on découvre, dans sa poche, son petit canif qui ne le quitte jamais mais qu’il a oublié de mettre dans la valise. Bien sûr, on le lui enlève et on lui fait remplir des papiers pour pouvoir le récupérer à l’arrivée. Ce petit incident le contrarie  d’autant plus qu’il est persuadé de ne jamais revoir son couteau … Nous attendons plus d’une heure avant l’embarquement. Je lis le document qu’on nous a remis concernant la grippe aviaire et qui m’a fait demandé s’il y avait la grippe ici …L’employé m’a répondu en riant « mais non, madame, c’est en France qu’il y a la grippe aviaire ! »  Ah ! J’oubliais !...

       Au moment de monter dans l’avion, on nous demande de reconnaître nos bagages parmi ceux de tous les passagers qui ont été déposés sur le tarmac et de les placer sur un chariot, ceci par mesure de sécurité au cas où il y aurait  un bagage non identifié porteur de bombe. Je m’inquiète car un de nos bagages est déjà sur le chariot alors que nous ne l’y avons encore pas mis…Je dis à Paul qu’un individu a peut-être glissé quelque chose dedans car c’est le seul sac qui ne ferme pas et je m’apprête à informer le stewart  quand Arnold qui était passé avant nous me dit que c’est lui qui a déposé notre bagage en même temps que le sien pour nous alléger la tâche ! …Ouf ! Je respire et je ris de bon cœur en constatant que je me laisse prendre au discours ambiant sur l’insécurité.

     Je ne reverrai pas la côte algérienne en partant car le ciel est très nuageux. Dommage !

     Marc s’est assis à côté d’un algérien pour parler une dernière fois arabe et Raymonde est avec Mireille. Elle a repris le moral et parle comme à son habitude…Juste le temps de nous servir un repas et nous arrivons à Marseille. Les côtes françaises, aussi, sont belles. Ici, il y a du vent et  du soleil…A 16h30, nous nous disons « au revoir » et chacun part dans sa direction…Le rêve est terminé ! Paul est satisfait car, contre toute attente , il a pu récupérer son couteau ! Il n’en revient pas.

     Nous reprenons notre voiture laissée sur le parking et vers 19 heures, nous arrivons chez nous. Le jardin est magnifique. Les roses sont épanouies, le lilas aussi…Nous venons juste de déposer nos bagages quand le téléphone sonne. C’est monsieur Zadi qui souhaite savoir si nous sommes bien arrivés. Il a le cafard et me dit qu’il téléphonera souvent pour avoir de nos nouvelles .Lui aussi a vécu une expérience enrichissante dont il gardera un grand  et bon souvenir. Nous avons tissé des liens très forts avec lui et toute son équipe d’autant qu’il a tout fait pour que notre voyage soit une réussite …Nous lui en serons toujours reconnaissants. Du coup Paul prend le cafard aussi…Nous sommes complètement déboussolés…Cela a été une semaine dépaysante au possible et pourtant un retour aux sources où à chaque pas, nous retrouvions un peu de nous-mêmes et de notre histoire. Rien de tout ce que j’ai acheté ne s’est cassé sauf le plateau qu’Afsia m’a offert, ce plateau représentant une maison. Message, avais-je dit, eh !bien, autre message que cette brisure ! Paul, voyant ma déception, fait une photo du plateau reconstitué pour la circonstance !  …Merci Paul.

     Maintenant, il va falloir remettre les pieds sur terre et  réfléchir à tout ce que nous avons vu et vécu et surtout revoir nos représentations …Quel magnifique voyage !

                .........Non, pas un simple voyage mais un PELERINAGE.